Découvrez Jacques Fontaine, l’apiculteur qui a su transformer son passe-temps en vocation
Jacques Fontaine a transformé une curiosité d’enfance en une entreprise apicole florissante située dans les Cantons-de-l’Est. Ce qui a commencé il y a près de 20 ans avec seulement deux ruches est devenu Miel Fontaine, une exploitation dynamique comptant plus de 1 100 ruches produisant du miel, de l’hydromel et offrant des expériences éducatives pratiques pour les visiteurs de tous les âges. De l’accueil de visites agrotouristiques à la formation de la prochaine génération d’apiculteurs, Jacques continue de partager sa passion pour les abeilles et la communauté à chaque étape. La FCEI l’a rencontré pour en savoir plus sur son parcours et sur la communauté apicole prospère qu’il a bâtie.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans l’apiculture?
Durant mon enfance, un voisin avait des ruches et j’étais fasciné en le regardant travailler. C’est quelque chose qui m’a toujours tenté, mais j’ai dû attendre avant de m’y mettre par manque de temps. Puis, il y a 19 ans, on a eu l’occasion d’acheter deux ruches et j’ai suivi une formation. On venait de vendre des usines de transformation de métal en feuille. C’est donc en me retrouvant pratiquement à la retraite que j’ai commencé, juste comme ça, pour le plaisir.
J’ai commencé par vendre du miel au marché public de Granby et ça marchait bien, on en vendait toute l’année. Puis on a construit une miellerie d’environ 500 pieds carrés, qui est aujourd’hui beaucoup plus grande. On a aussi fait des acquisitions au fil des années et déménagé la partie de la boutique consacrée à l’hydromel dans une autre bâtisse. Aujourd’hui, on a environ 1 100 ruches. Et nous venons de faire l’acquisition d’un distributeur de matériel apicole à Belœil.
Vous offrez à la fois des formations et des expériences agrotouristiques chez Miel Fontaine. Pouvez-vous nous en dire plus?
Nous proposons des formations pratiques en apiculture, généralement pour des groupes de 12 à 15 personnes. Il y a une partie théorique et une partie pratique, mais je suis très flexible et je m’adapte à chaque groupe.

En plus des formations et des visites éducatives que vous proposez, comment vous impliquez-vous dans votre communauté?
Nous installons des ruches sur des sites déterminés par les caisses populaires de notre région et faisons parfois des présentations dans le cadre de ces initiatives. Par exemple, un petit village près de Farnham tenait absolument à avoir une présentation dans son école. Alors, nous sommes allés, ma conjointe Louise et moi ainsi qu’une employée pour faire de la formation une bonne partie de la journée dans les classes. On reçoit également beaucoup d’écoles durant l’année, habituellement d’avril à juin, puis en septembre et octobre. Récemment, une école secondaire nous a contactés pour qu’on montre à leurs élèves comment nous transformons notre miel. Nous leur avons donc distribué des voiles de protection et leur avons montré le processus! Nous avons différents forfaits que nous adaptons aux besoins des écoles.
Parlez-nous de votre équipe et de la façon dont vos activités évoluent selon les saisons.
En plein été, nous sommes environ 15 employés, y compris des travailleurs étrangers, dont 5 qui doivent se joindre à l’équipe l’an prochain. C’est une activité surtout saisonnière, sauf qu’on fait aussi de la formation sur les transformations des produits de la ruche durant l’hiver. Et puis on a une érablière et on va commencer à vendre des produits de l’érable en 2026.
La collecte de miel se fait à quel moment de l’année?
C’est selon le type de fleurs. Au lac Saint-Jean, ça fait un miel de fleur de bleuet parce qu’on pollinise les bleuets. On fait aussi de la pollinisation dans le sarrasin, on fait un petit peu de miel de printemps, vraiment de début de saison. Après ça, on fait un miel d’été qu’on va récolter fin juillet, puis le dernier miel d’automne. On récolte ça, disons la 2e ou 3e semaine de septembre, selon les années.
Et vous faites comment l’hiver?
Chez nous, les abeilles passent l’hiver à l’intérieur, dans une sorte de caveau ventilé. Un système de ventilation contrôle la température et l’humidité.
Actuellement, avec les changements climatiques, on rentre de plus en plus tard. Souvent on va rentrer les ruches début décembre, puis on va les sortir mi-mars environ. Elles sont de moins en moins longtemps à l’intérieur.
Quel a été votre moment le plus heureux ou le plus marquant en tant qu’entrepreneur?
Quand la COVID a commencé, je donnais des conférences en Suède pour la fédération des apiculteurs suédois, et à ma grande surprise, ils m’ont inscrit au concours d’hydromel sans que je le sache. Celui qui organisait les conférences m’avait dit d’apporter des bouteilles d’Hydromel pour leur faire goûter… Faut savoir que la Suède, c’est l’un des pays d’où provient l’hydromel, avec la Finlande et la Norvège! Tout le monde y a donc goûté et je suis arrivé premier! J’étais vraiment sous le choc, j’en revenais pas. Surtout dans ce pays-là, ç’a vraiment été un moment fort pour moi.
Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite démarrer une petite entreprise aujourd’hui?
De bien s’entourer, puis d’être hyper discipliné et structuré. C’est vraiment de cette façon qu’on peut réussir.
Vous souhaitez en savoir plus sur l’entreprise de Jacques?
Visitez mielfontaine.ca.